D’octobre à novembre 2025, l’association sénégalaise Poumon Vert a déployé la deuxième phase du projet « Agir pour la conservation de la nature », portée par PAPACO/Play for Nature en partenariat avec Youth Conservation et la Fondation Audemars-Watkins. Deux programmes phares ont structuré cette phase : le Green School Challenge, qui a fait pousser des jardins pédagogiques dans trois écoles de Mbour, et le Kaffrine Green Week, une mobilisation territoriale si réussie qu’elle a doublé de format en cours de route.
Trois écoles de Mbour, un même parrainage d’arbres
Après une première phase marquée par des événements ponctuels — match de basket géant, concours de dessin, visite écologique à l’aire marine protégée de Somone — Poumon Vert a fait le choix, pour cette phase 2, d’un dispositif plus structurant : un jardin scolaire pédagogique dans chaque établissement, assorti d’un système de parrainage individuel des plants par les élèves, suivi mensuellement tout au long de l’année scolaire.
CEM El Hadji Thierno Amadou Barro — Quand un Club Environnement déjà actif prend de la hauteur
Déjà partenaire en phase 1, ce collège public de Mbour disposait d’un Club Environnement actif, un atout précieux pour ancrer rapidement le nouveau dispositif. Entre le 27 octobre et le 1er novembre 2025, les élèves ont suivi un atelier de sensibilisation à la foresterie urbaine, une formation pratique au micro-jardinage, puis une séance de mise en terre où chacun a reçu son propre plant à parrainer.
Résultat : 50 à 55 élèves impliqués, 1 à 2 enseignants mobilisés, 15 jeunes plants mis en terre et un jardin scolaire pleinement opérationnel.
École Élémentaire de Mbour Sérère — Un premier club environnement en germe
Contrairement au CEM ETAB, cette école élémentaire du quartier périurbain de Mbour Sérère ne disposait d’aucune structure environnementale préexistante. L’équipe de Poumon Vert a donc dû investir davantage dans la mobilisation du corps enseignant, avant de dérouler le même cycle de trois séances entre le 3 et le 8 novembre 2025.
Résultat : 50 à 55 élèves sensibilisés, 15 plants parrainés, et surtout la première implication du corps enseignant de l’école dans une activité Poumon Vert — une base solide pour un futur club environnement.
Franco-Arabe Oumar Ibn Abdoul Aziz — Un nouveau public, une belle surprise pédagogique
Pour la première fois, Poumon Vert s’est associé à une école franco-arabe, élargissant son réseau de partenaires éducatifs à un type d’établissement jusque-là non couvert. Le cycle habituel — sensibilisation, formation pratique, plantation — s’est déroulé du 24 au 29 novembre 2025, immédiatement après le retour de l’équipe de Kaffrine.
Résultat : 50 à 55 élèves impliqués, et surtout 3 à 5 enseignants mobilisés — la mobilisation la plus large des trois écoles — témoignant d’un fort intérêt du corps pédagogique. 10 plants ont été mis en terre.
Kaffrine Green Week — quand un format de 3 jours devient un événement territorial
Née de la dynamique impulsée par la phase 1, l’antenne locale de Poumon Vert à Kaffrine a pris en charge l’organisation d’une mobilisation communautaire initialement calibrée sous le nom « Kaffrine Green Days », avec un objectif de 40 jeunes sur trois jours. Face à l’adhésion suscitée sur le terrain, l’événement a changé d’échelle et de nom pour devenir le Kaffrine Green Week, du 14 au 16 novembre 2025.
Le programme s’est déroulé en trois temps : une première journée de formation (éducation environnementale et animation de club) suivie d’une veillée d’échanges ; une deuxième journée consacrée au leadership et à la prise de parole en public, débouchant sur un reboisement collectif dans un espace public et une grande soirée culturelle Assiko ; une troisième journée de restitution, avec l’élaboration d’une charte locale des éco-acteurs de Kaffrine.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : là où le format initial visait 40 participants et 300 plants, la réalité a largement dépassé les projections :
- Plus de 200 participants aux deux sessions de formation (contre 40 prévus)
- 500 participants au reboisement collectif
- 250 plants mis en terre — 200 eucalyptus, 20 filaos, 10 cordia, 10 mentalys, 10 macroptera
- 750 à 1 000 participants lors de la soirée culturelle Assiko
Mais le résultat le plus structurant reste institutionnel : la création officielle du Club Environnement Poumon Vert Kaffrine, rendue possible grâce à l’implication conjointe de la Municipalité de Kaffrine, du service des Eaux et Forêts et de la Fondation Audemars-Watkins. Plusieurs associations et établissements scolaires de la région ont d’ailleurs spontanément sollicité Poumon Vert pour rejoindre cette dynamique.
Un bilan chiffré qui dépasse le cadre de Mbour
Au total, la phase 2 de Poumon Vert a permis de sensibiliser plus de 1 600 personnes directement : 150 à 165 élèves dans les trois écoles du Green School Challenge, plus de 200 participants aux formations de Kaffrine, 500 participants au reboisement, et 750 à 1 000 personnes lors de la soirée Assiko. La communication s’est appuyée sur Facebook, Instagram et TikTok, ainsi que sur un relais de terrain solide — affichage dans les établissements, bouche-à-oreille via les clubs environnement, mobilisation directe des enseignants.
Une réussite portée par la responsabilisation individuelle
La force de cette phase 2 tient dans le passage d’une logique d’événements ponctuels à un programme structurant sur la durée. Le parrainage individuel des plants engage chaque élève sur l’ensemble de l’année scolaire, avec une évaluation et une remise de récompenses prévues entre avril et mai 2026. À Kaffrine, l’extension territoriale démontre la capacité de Poumon Vert à dupliquer son modèle au-delà de Mbour — une perspective seulement esquissée à la fin de la phase 1, et pleinement concrétisée cette année.
Des obstacles surmontés avec agilité
Le principal défi de cette phase 2 a été financier : le virement des fonds alloués par PAPACO/Play for Nature a pris du retard en raison d’un contrôle de conformité de la CENTIF sur les transferts internationaux entrants. Plutôt que de retarder les activités, Poumon Vert a mobilisé ses propres ressources pour engager les premières dépenses en attendant le déblocage effectif des fonds.
Le changement d’échelle à Kaffrine — du format « Green Days » au format « Green Week » — a également nécessité un ajustement logistique en cours de route, résolu grâce à l’appui de l’antenne locale, qui a assuré la coordination de proximité. Enfin, la coordination de trois cycles d’activités sur des écoles différentes en un mois a exigé une planification rigoureuse, la répétition du même format d’une école à l’autre permettant progressivement de fluidifier l’organisation.
Phase 1 / Phase 2 : d’une association locale à un acteur structuré
Comparée à la première phase, cette deuxième édition marque une vraie montée en maturité : une logique de programme structuré sur la durée plutôt qu’une succession d’événements, un dispositif plus responsabilisant grâce au parrainage individuel, et surtout une extension territoriale réussie vers Kaffrine — avec une mobilisation communautaire (jusqu’à 1 000 personnes lors de la soirée Assiko) qui dépasse les plus grands rassemblements de la phase 1. Les points de vigilance restent connus : la gestion logistique multi-sites et le besoin de ressources supplémentaires pour étendre les activités, deux défis déjà identifiés en phase 1 et confirmés par la croissance organique du format à Kaffrine.
Un « avant / après » qui change la nature de l’association
Avant le projet Agir, les actions de Poumon Vert restaient ponctuelles et concentrées sur Mbour. Après ces deux phases, l’association dispose d’un modèle d’intervention éprouvé, d’une antenne opérationnelle à Kaffrine, et d’une légitimité accrue auprès des établissements scolaires et des partenaires associatifs — comme en témoignent les sollicitations spontanées reçues depuis la clôture des activités. Le suivi est assuré par des cahiers de suivi dans chaque école et site, complétés par des visites régulières des équipes de l’association.
Et après ? Consolider quatre relais pour durer
Poumon Vert compte assurer la suite du projet en consolidant quatre relais complémentaires déjà amorcés cette année : les écoles elles-mêmes, désormais dotées d’un jardin pédagogique opérationnel et d’enseignants mobilisés ; l’antenne Poumon Vert Kaffrine, qui transforme un événement ponctuel en présence locale durable et reproductible vers d’autres communes ; les partenaires institutionnels mobilisés à Kaffrine (Municipalité, Eaux et Forêts, Fondation Audemars-Watkins), sollicitables indépendamment du cycle de financement PAPACO/Play for Nature ; et le réseau associatif élargi, avec plusieurs structures ayant déjà sollicité spontanément Poumon Vert pour rejoindre la dynamique.
« Le projet Agir a permis à Poumon Vert de passer d’une association locale portée par des événements ponctuels à un acteur structuré, doté d’un programme scolaire reproductible et d’une première antenne régionale opérationnelle », résume l’association dans son rapport de phase 2.
Vous souhaitez soutenir des initiatives comme celle de Poumon Vert à Mbour et Kaffrine ? Découvrez l’ensemble du projet « Agir pour la conservation de la nature » et ses dix ONG partenaires sur youth-conservation.org.
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