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Cameroun : comment TF-RD a mobilisé plus de 400 élèves autour de la Réserve de Biosphère du Dja

D’octobre 2025 à avril 2026, l’ONG camerounaise Tropical Forest and Rural Development (TF-RD) a déployé la deuxième phase du projet « Agir pour la conservation de la nature », mise en œuvre avec le soutien de Youth Conservation, Play for Nature et de la Fondation Audemars-Watkins. Trois écoles riveraines de la Réserve de Biosphère du Dja — Makak-Djeul, Somalomo et Adjane — ont vu naître potagers pédagogiques, pépinières et éco clubs, pour un bilan qui transforme durablement le rapport des jeunes à la forêt qui les entoure.

Trois écoles, une même ambition : reconnecter les enfants à la forêt du Dja

Depuis 2010, TF-RD œuvre dans le paysage de la Réserve de Biosphère du Dja pour concilier conservation de la biodiversité et développement communautaire. Fort de plus de treize ans d’accompagnement d’un réseau de 45 établissements scolaires riverains, l’ONG a choisi pour cette phase 2 d’élargir son action à trois nouvelles écoles particulièrement exposées à la pression sur les ressources naturelles, notamment le braconnage : Makak-Djeul, Somalomo et Adjane, toutes situées dans le département du Haut-Nyong, à l’Est du Cameroun.

Makak-Djeul — Un potager et dix arbres fruitiers pour une petite école de 53 élèves

À l’École Publique de Makak-Djeul, l’aventure a démarré en octobre 2025 par une réunion de concertation avec le conseil d’école, les enseignants et les inspecteurs de l’Éducation de Base. Trois jours de sensibilisation à la déforestation et au changement climatique ont suivi en novembre, avant l’aménagement d’une pépinière de 10 m² puis d’un potager scolaire de 50 m² où ont été repiqués salades, choux, carottes et citronnelle. Dix arbres fruitiers et utiles — manguiers, palmiers à huile, citronnelle — y ont également été plantés.

Résultat : 50 élèves et 3 enseignants sensibilisés, 12 kg de récolte dont une partie vendue pour 20 000 FCFA à la foire interclubs de Somalomo, et un comité de suivi de 25 élèves désormais chargé de l’entretien quotidien.

Somalomo — Le plus grand potager de la phase, porté par 302 élèves

Dans cette école publique inclusive fondée en 1930, la démarche a suivi le même calendrier — concertation, sensibilisation, pépinière, potager de 50 m² — mais à plus grande échelle : 20 arbres fruitiers plantés et une récolte de 15 kg entièrement commercialisée, faute de cantine scolaire, pour alimenter un fonds dédié à l’achat des prochaines semences.

Résultat : 302 élèves sensibilisés, 6 enseignants mobilisés, 15 kg de récolte vendus pour 18 000 FCFA, un comité de suivi actif toute l’année.

Adjane — Une pépinière malgré un changement de direction en cours d’année

À Adjane, le projet a dû composer avec un changement de personnel à la direction de l’école en décembre 2025, qui a retardé le calendrier des activités. Malgré ce contretemps, une pépinière de 10 m² a bien été mise en place et les cultures maraîchères récoltées en mars, même si le retard de maturation n’a pas permis à l’école d’exposer sa production lors de la foire interclubs.

Résultat : 48 élèves sensibilisés, 2 enseignants mobilisés, 5 kg de récolte consommés, et surtout une belle démonstration de résilience : plutôt que de se retirer, l’éco club d’Adjane a maintenu sa participation aux échanges et rencontres sportives de la foire.

Trois éco clubs, un même élan pour la Semaine de la Jeunesse

Au-delà des potagers, TF-RD a formé 10 enseignants aux ressources pédagogiques de Youth Conservation et à l’animation de clubs environnement, avant de créer un éco club par école — Somalomo (40 élèves), Makak-Djeul (25 élèves) et Adjane (12 élèves), soit 77 jeunes engagés directement. Entre novembre 2025 et avril 2026, cinq séances d’animation par école ont exploré dessins, récits et poèmes sur la conservation, jardins pédagogiques, pépinières et reboisement, campagnes de salubrité, causeries sur les savoirs locaux, et rencontres sportives de football et handball.

Point d’orgue de cette dynamique : la foire interclubs organisée à l’école publique de Somalomo en février 2026, à l’occasion de la Semaine de la Jeunesse, qui a réuni 210 participants — élèves, enseignants, autorités locales, parents et membres des communautés — autour d’expositions, de prestations artistiques et de quatre rencontres sportives.

Un bilan chiffré qui dépasse le cadre des trois écoles

Au total, la phase 2 de TF-RD a permis de sensibiliser plus de 400 élèves et 10 enseignants directement impliqués, et de toucher indirectement plus de 1 000 personnes parmi les populations riveraines de la Réserve de Faune du Dja. Le détail : 3 écoles primaires publiques accompagnées, 3 potagers pédagogiques et 3 pépinières créés, 50 arbres plantés au titre du reboisement, 3 panneaux de sensibilisation installés, 15 productions réalisées par les élèves — dont une poubelle fabriquée en bambou — et 3 missions de monitoring conduites par l’équipe de TF-RD tout au long de l’année scolaire.

La communication autour du projet s’est appuyée sur les réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn), les radios communautaires locales et les conseils d’établissement réunissant parents d’élèves et directeurs d’école, garantissant un ancrage à la fois numérique et communautaire.

Une réussite portée par l’apprentissage par l’action

La force de cette phase 2 tient dans la création d’un véritable écosystème éducatif : potagers, pépinières, plantations d’arbres fruitiers et éco clubs ne sont pas des activités isolées, mais des outils pédagogiques permanents où les élèves expérimentent directement les principes de gestion durable des ressources naturelles. La formation des enseignants aux ressources de Youth Conservation et l’implication des inspections de l’Éducation de Base ont renforcé la légitimité institutionnelle du projet, tandis que la diversité des activités — jardinage, reboisement, art, sport, savoirs locaux — a permis à chaque enfant de trouver sa porte d’entrée vers l’écocitoyenneté.

Des obstacles surmontés grâce à une gestion adaptative

Le principal défi rencontré à Adjane — un changement de direction d’école en cours d’année — a retardé les activités sans pour autant les compromettre : l’équipe de TF-RD a choisi de maintenir la participation du club aux autres temps forts de la foire plutôt que de considérer la situation comme un échec.

La diversité des contextes scolaires a constitué un second défi, avec des effectifs allant de 48 à plus de 300 élèves et des réalités très différentes en matière de cantine ou d’espace disponible. TF-RD y a répondu par une approche flexible de valorisation des récoltes : consommation à la cantine à Makak-Djeul, commercialisation à Somalomo pour financer les prochaines semences.

Enfin, pour garantir la pérennité des activités au-delà du financement, plusieurs mécanismes ont été institués : comités de suivi dans chaque école, enseignants référents, implication des conseils d’école, et réinvestissement des recettes issues de la vente des récoltes.

Phase 1 / Phase 2 : une gouvernance plus mature

Comparée à la première phase, cette deuxième édition marque un vrai saut qualitatif : une approche institutionnelle renforcée grâce à la formation des enseignants, une gouvernance des éco clubs plus structurée — les élèves ont eux-mêmes défini leur vision et leurs plans d’action —, l’apparition de mécanismes d’autofinancement, et l’organisation inédite d’une foire interclubs qui a créé une dynamique collective absente jusque-là. Le changement d’écoles a en revanche nécessité un nouveau travail de mobilisation communautaire, les nouveaux établissements ne bénéficiant pas encore de l’expérience acquise en phase 1 — une limite ponctuelle qui n’a pas remis en cause les objectifs globaux.

Un « avant / après » visible dans le quotidien des écoles

Avant le projet, les activités environnementales restaient ponctuelles, limitées à la sensibilisation. Aujourd’hui, les trois écoles disposent d’éco clubs fonctionnels, d’enseignants formés, de potagers pédagogiques, de pépinières, d’arbres plantés, de mécanismes de suivi, et surtout d’élèves capables de transmettre eux-mêmes les bonnes pratiques à leurs pairs lors de la prochaine rentrée scolaire. Le projet a ainsi transformé ces écoles en véritables espaces d’apprentissage de l’écocitoyenneté.

Et après ? Élargir le réseau autour de la Réserve du Dja

TF-RD entend poursuivre cette dynamique en élargissant progressivement le réseau des écoles bénéficiaires autour de la Réserve de Biosphère du Dja, en maintenant le mentorat des éco clubs existants, en recherchant de nouveaux partenariats techniques et financiers, et en développant davantage les échanges inter-écoles. L’objectif : construire un réseau d’établissements capables de diffuser durablement les pratiques éco-citoyennes au sein de leurs communautés.

« Le projet Agir a permis à TF-RD de renforcer son expertise en éducation environnementale participative, de consolider son réseau d’écoles partenaires et de démontrer qu’une approche combinant apprentissage pratique, engagement communautaire et autonomisation des acteurs locaux constitue un levier efficace pour former une nouvelle génération d’éco-citoyens », résume l’ONG dans son rapport de phase 2.


Vous souhaitez soutenir des initiatives comme celle de TF-RD autour de la Réserve du Dja ? Découvrez l’ensemble du projet « Agir pour la conservation de la nature » et ses dix ONG partenaires sur youth-conservation.org.

Vous souhaitez en savoir plus sur l’ONG Tropical Forest and Rural Developement ? Vous pouvez les contacter via leur page Facebook directement.

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