éducation environnementale Burkina Faso

Burkina Djigui : quand l’école devient un terrain d’action pour la nature

Au Burkina Faso, on ne se contente plus d’apprendre ce qu’est l’environnement : on le protège, on le plante, on le trie, on en débat en classe. C’est le pari que porte Burkina Djigui, organisation burkinabè de la société civile, à travers la phase 2 du projet « Agir pour la conservation de la nature », mené avec l’appui du programme Youth Conservation de l’UICN-PAPACO, de la Fondation Audemars-Watkins et de Play for Nature. Entre novembre 2025 et juillet 2026, l’association a accompagné trois établissements scolaires — deux fidèles au projet depuis sa première phase, un tout juste arrivé — pour transformer la sensibilisation en actions concrètes et durables.

Un partenariat qui grandit au sein du programme Agir pour la conservation de la nature

Burkina Djigui fait partie des dix ONG africaines soutenues dans le cadre du projet pilote « Agir pour la conservation de la nature », qui accompagne aujourd’hui plus de 40 établissements scolaires dans cinq pays. Après une première phase concluante entre mars et juin 2025, l’association a choisi de resserrer son terrain d’action autour de trois établissements pour cette deuxième phase, dans une logique claire : consolider ce qui a été semé plutôt que disperser les efforts. Deux écoles poursuivent l’aventure entamée en phase 1, une troisième vient tester la reproductibilité du modèle burkinabè dans un nouveau contexte.

École KUA C de Bobo-Dioulasso : consolider un engagement déjà bien enraciné

À KUA C, établissement public d’environ 600 élèves situé dans les Hauts-Bassins, rien ne partait de zéro. L’école avait déjà bénéficié de la phase 1, et cette deuxième étape visait à ancrer durablement les réflexes acquis. Trente-cinq enseignants ont été formés en novembre 2025, avant qu’une grande journée de sensibilisation ne réunisse environ 600 élèves autour du ramassage des déchets et de l’entretien des plants installés lors de la phase précédente. En juillet 2026, l’école a reçu cinq poubelles de tri et vu naître son propre Club environnemental, composé de 12 élèves, d’un enseignant et d’un représentant des parents. Résultat : 619 élèves sensibilisés au total, dont 142 formés spécifiquement au tri des déchets — la preuve qu’un accompagnement dans la durée porte ses fruits.

École de Bittou A : le modèle burkinabè fait ses preuves dans un nouveau territoire

Nouvelle venue dans le projet, l’école de Bittou A, dans la région du Nakambé, comptait 562 élèves fortement mobilisés dès les premières activités, aux côtés de leur direction et de l’Association des Parents d’Élèves. Douze enseignants y ont été formés en novembre 2025, avant qu’une journée de sensibilisation ne débouche sur une vaste opération d’assainissement associant l’école, la mairie et la circonscription d’éducation de base de Bittou. En mai 2026, la remise officielle de cinq poubelles et la création d’un Club environnemental sont venues sceller l’engagement de toute une communauté éducative. L’expérience de Bittou A démontre une chose essentielle : le modèle de Burkina Djigui n’est pas propre à une école, il peut voyager.

CEFP de Gampéla : un jardin agroécologique comme salle de classe à ciel ouvert

Au Centre d’Éducation et de Formation Professionnelle de Gampéla, dans la commune de Saaba, la théorie a très vite cédé la place à la pratique. Trente-quatre enseignants, encadreurs et agents administratifs ont été formés en novembre 2025, avant le lancement d’un projet plus ambitieux : la création, étape par étape entre décembre 2025 et mars 2026, d’un véritable jardin scolaire agroécologique. Binage du terrain, pépinières maraîchères, traitement contre les termites, repiquage, semis de légumes variés (tomates, oignons, choux, carottes…) — chaque étape a été l’occasion d’un apprentissage concret pour les apprenants. Cinquante-neuf arbres fruitiers et d’ombrage (goyaviers, bananiers, papayers, citronniers…) ont été plantés, et 23 planches de jardin sont aujourd’hui en exploitation. Un Club Vert a vu le jour en mars 2026, et les récoltes du jardin enrichissent désormais la cantine du centre — le surplus étant même vendu au bénéfice du bureau des élèves.

La phase 2 en chiffres : l’impact cumulé de Burkina Djigui

Au total, la phase 2 aura permis de former 81 enseignants, encadreurs et agents éducatifs, de sensibiliser 1 511 élèves et apprenants, de créer 3 clubs environnementaux, d’installer 10 poubelles de tri et de mettre en exploitation 1 jardin scolaire agroécologique planté de 59 arbres fruitiers et d’ombrage. Trois régions du Burkina Faso sont désormais couvertes : les Hauts-Bassins, le Nakambé et le Centre. Sur les réseaux sociaux, 18 publications Facebook et 8 publications LinkedIn ont permis de toucher, en moyenne, environ 48 000 personnes par publication Facebook — bien au-delà des seuls bénéficiaires directs.

Des défis de terrain, des solutions de proximité

Faire coïncider les activités du projet avec le calendrier scolaire n’a rien d’évident : périodes d’évaluation, contraintes pédagogiques et disponibilité des enseignants ont exigé une planification souple, ajustée établissement par établissement. La création du jardin agroécologique du CEFP, elle, a demandé un suivi resserré sur plusieurs mois — Burkina Djigui a répondu par des visites régulières et une responsabilisation progressive des enseignants et des membres du Club Vert. Enfin, pour dépasser l’horizon du projet lui-même, l’association a misé sur des leviers durables : clubs environnementaux, implication des parents d’élèves, et équipements laissés aux établissements.

De la sensibilisation à l’appropriation : ce qui a changé depuis la phase 1

La comparaison entre les deux phases est éclairante. Là où la phase 1 couvrait quatre établissements avec un objectif d’initiation, la phase 2 en resserre le nombre à trois pour privilégier un accompagnement plus rapproché et plus pratique. Les enseignants, autrefois simples bénéficiaires des formations, en sont désormais les relais actifs auprès de leurs élèves. Les élèves, eux, ne se contentent plus d’assister à des activités ponctuelles : ils gèrent des clubs, entretiennent un jardin, suivent des équipements. Le reboisement et le tri des déchets, piliers de la phase 1, laissent place à des dispositifs pédagogiques permanents — jardin scolaire, clubs verts — pensés pour durer bien après la fin du financement.

Ce que ce projet a changé pour Burkina Djigui elle-même

Au-delà des écoles accompagnées, ce projet a aussi transformé l’organisation elle-même. Burkina Djigui en ressort avec un modèle d’intervention structuré autour de cinq composantes — formation des enseignants, implication des élèves via des clubs, activités pratiques, mobilisation des communautés éducatives et suivi régulier — qu’elle est désormais en mesure de reproduire ailleurs. Le succès du jardin du CEFP a d’ailleurs déjà suscité des sollicitations d’autres établissements curieux de reproduire l’expérience.

Un modèle prêt à essaimer au Burkina Faso

Forte de deux phases concluantes, Burkina Djigui envisage désormais une montée en échelle : renforcer les Clubs environnementaux existants pour en faire de véritables espaces de leadership pour les jeunes, développer de nouveaux jardins scolaires agroécologiques dans d’autres établissements, et mettre en place des échanges inter-écoles pour diffuser les bonnes pratiques. L’ambition est claire — faire de l’éducation environnementale un pilier durable du système scolaire burkinabè, et non plus une parenthèse ponctuelle.

Poursuivre l’aventure avec Youth Conservation

L’expérience de Burkina Djigui illustre à sa manière ce que le programme Agir pour la conservation de la nature cherche à démontrer depuis 2025 : donner aux enfants et aux jeunes les moyens de devenir de véritables acteurs du changement, avec des outils simples, un accompagnement de proximité, et le soutien d’une communauté éducative tout entière. Pour découvrir les ressources gratuites de Youth Conservation et suivre les prochaines étapes du projet, rendez-vous sur youth-conservation.org.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette ONG, vous pouvez les contacter directement via leur page Facebook.

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