À Houègbo, Colli, Sékou, Togbota-Agué et dans la commune de Toffo, cinq établissements scolaires béninois ont vécu, entre octobre 2025 et juin 2026, la deuxième phase du projet « Agir pour la conservation de la nature ». Porté par le Réseau des Jeunes Solidaires pour la Protection de l’Environnement (RJSPE-ONG), avec l’appui de Youth Conservation, de la Fondation Audemars-Watkins et de Play for Nature, ce bilan referme la boucle : RJSPE-ONG est la dixième et dernière des ONG partenaires à livrer son rapport de phase 2.
RJSPE-ONG, une dixième et dernière ONG au service des éco-citoyens de demain
Basée à Houègbo, dans la commune de Toffo, RJSPE-ONG mobilise depuis plusieurs années la jeunesse béninoise autour de la protection de l’environnement, de la reforestation et de l’agriculture écologique. Pour cette phase 2, l’association a reconduit son partenariat avec quatre établissements de la phase 1, et introduit une nouveauté : le CEG Toffo, empêché pour des raisons administratives, a été remplacé par l’École Primaire Publique de Togbota-Agué — l’occasion pour RJSPE-ONG de tester son approche avec un tout autre type d’établissement, le primaire, après deux phases centrées sur le secondaire.
CEG Houègbo : du tri des déchets à la pépinière de 2 500 plants
Avec ses 2 020 élèves, le CEG Houègbo est le plus grand établissement du réseau RJSPE. Plus de 300 élèves ont participé à une journée d’éducation environnementale consacrée aux déchets plastiques, suivie d’une grande opération de salubrité dans l’enceinte du collège. Le Club CPN (Connaître et Protéger la Nature) a ensuite pris le relais sur deux fronts : un jardin scolaire cultivant laitue, carotte et amarante, et une pépinière de 2 500 plants — majoritairement des Gmelina arborea, choisis pour leur croissance rapide. Une partie a été mise en terre dans l’enceinte du collège à l’occasion de la Journée Nationale de l’Arbre, le reste distribué aux élèves et enseignants volontaires pour poursuivre le reboisement chez eux.
CEG Colli : un club CPN qui restaure la forêt de Zoundjakimè
Au CEG Colli, l’un des établissements les plus performants du réseau, les acquis de la phase 1 se sont particulièrement bien ancrés : gestion des déchets et salubrité font aujourd’hui partie du quotidien de l’établissement. Sur cette base solide, 350 élèves ont participé à la production de plus de 3 000 plants de Gmelina arborea. Une partie a servi à une campagne de reboisement dans la forêt de Zoundjakimè, un massif fortement dégradé identifié comme prioritaire pour la restauration — le reste a été distribué aux enseignants et aux membres du Club CPN pour prolonger l’action au-delà de l’école, jusque dans leurs villages.
LAMS : quand les déchets organiques deviennent une ressource agricole
Au Lycée Agricole Médji de Sékou (LAMS), établissement technique de 1 500 élèves formant aux métiers de l’agriculture, 200 membres du Club CPN ont mis en place un système de tri sélectif et se sont formés au compostage — de la collecte des résidus biodégradables jusqu’au suivi de la maturation. Le compost produit fertilise aujourd’hui les pépinières, jardins pédagogiques et parcelles de démonstration du lycée : une boucle vertueuse, particulièrement adaptée à un établissement où l’agroécologie s’intègre directement dans le cursus.
EPP Togbota-Agué : protéger l’habitat du cercopithèque à ventre rouge
Nouvelle venue dans le réseau RJSPE, l’École Primaire Publique de Togbota-Agué a mobilisé l’intégralité de ses 305 écoliers au sein d’un Club CPN créé pour l’occasion. L’école est voisine de deux îlots forestiers abritant le cercopithèque à ventre rouge, un primate endémique du Bénin et du sud-ouest du Nigeria, dont l’habitat se dégrade progressivement. Après des séances consacrées à la biodiversité locale, les élèves ont produit 500 plants forestiers, mis en terre au sein même de ces îlots — une manière concrète de faire de ces enfants les premiers gardiens d’une espèce qu’ils ont appris à connaître.
Complexe scolaire Mine d’Or de Dieu : une porte d’entrée vers l’entrepreneuriat vert
Dans cet établissement privé de Houègbo, 200 des quelque 400 élèves ont suivi des séances de formation sur la production végétale et animale durable. Des ateliers pratiques complémentaires, organisés le week-end au siège de RJSPE-ONG, ont initié les élèves volontaires à la production de plants forestiers, à l’élevage de lapins et à l’héliciculture (élevage d’escargots) — une première ouverture concrète vers des métiers liés à l’environnement et à l’agriculture, pensée comme un tremplin vers l’entrepreneuriat vert.
La phase 2 en chiffres : l’impact cumulé de RJSPE-ONG
Au total, la phase 2 aura mobilisé directement 1 355 élèves à travers les cinq établissements, avec un effet d’entraînement estimé à plus de 4 000 élèves sensibilisés indirectement au sein des mêmes écoles. 50 enseignants encadreurs ont été formés à raison de dix par établissement. Les pépinières scolaires ont produit plus de 6 000 plants forestiers, mis en terre dans les cours d’école, dans la forêt de Zoundjakimè et dans les îlots forestiers de Togbota-Agué, ou distribués pour un reboisement individuel. Sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, LinkedIn), les publications du projet ont touché plus de 3 000 personnes. En cumulant l’ensemble de ces canaux, RJSPE-ONG estime avoir sensibilisé plus de 7 000 personnes au cours de cette phase.
Des défis de terrain, des solutions de proximité
Le succès du projet a généré son propre défi : dans plusieurs établissements, la participation a largement dépassé les effectifs initialement prévus, obligeant RJSPE-ONG à engager le recrutement de bénévoles pour renforcer l’encadrement de terrain. À l’EPP Togbota-Agué, les autorités locales ont d’abord souhaité des garanties sur la pérennité des actions avant d’autoriser certaines activités pratiques — un dialogue qui a permis d’instaurer un climat de confiance en vue de la suite. Au Complexe Mine d’Or de Dieu, la construction de nouvelles salles de classe sur l’espace dédié aux travaux pratiques a contraint à déplacer les ateliers au siège de l’ONG, réduisant la participation de certains élèves. Au LAMS enfin, l’ouverture de nouvelles filières a resserré le calendrier scolaire, repoussant une partie des activités de recyclage au second semestre.
De la phase 1 à la phase 2 : une dynamique renforcée
Par rapport à la première phase, les Clubs CPN se sont montrés plus autonomes, et les résultats plus ambitieux : plus de 6 000 plants produits, 50 enseignants formés, une appropriation plus visible des bonnes pratiques par les équipes pédagogiques. Cette montée en puissance a toutefois révélé de nouveaux besoins — davantage de matériel, d’encadrement, et une coordination plus fine du calendrier entre les cinq établissements — des enseignements que RJSPE-ONG compte intégrer dans la suite du projet.
Poursuivre l’aventure avec Youth Conservation
En une phrase, RJSPE-ONG résume l’apport du projet : renforcer sa crédibilité et sa visibilité en tant qu’acteur de référence de l’éducation environnementale et de l’engagement des jeunes au Bénin. Cinq écoles, cinq histoires, un même mouvement — celui d’une jeunesse béninoise qui apprend à protéger son environnement en le faisant. Pour découvrir les ressources gratuites de Youth Conservation et suivre les prochaines étapes du projet, rendez-vous sur youth-conservation.org.
Si vous souhaitez en savoir plus sur cette organisation, vous pouvez les contacter directement via Facebook.









