Entre octobre 2025 et juin 2026, l’association béninoise BEES ONG (Benin Environment and Education Society) a déployé la deuxième phase du projet « Agir pour la conservation de la nature », porté par PAPACO/Youth Conservation en partenariat avec Play for Nature et la Fondation Audemars-Watkins. Cinq établissements scolaires des communes de Kétou, Porto-Novo et Sô-Ava ont participé — dont, en nouveauté marquante de cette phase 2, le Collège des Sourds et Entendants du Bénin (CSEB), premier établissement spécialisé à rejoindre le projet.
Cinq écoles, trois communes, un même engagement
À Sô-Ava, la découverte du Lac Nokoué
À l’École Primaire Publique de Kpafè, les plus jeunes ont exploré leur patrimoine naturel au fil de deux sorties sur le Lac Nokoué. Initiation aux jumelles, identification des oiseaux d’eau — Héron noir, Aigrette ardoisée, Martin-pêcheur pie — en français comme en langue locale, puis un atelier de dessin naturaliste pour la Journée Mondiale des Oiseaux Migrateurs : les quarante écoliers ont produit quarante œuvres, chacun capable de citer de mémoire au moins trois espèces migratrices de sa région.
À Kétou, la forêt sacrée comme fil rouge
Dans les trois collèges de Kétou (CEG 3, CEG Ewè, CEG Adakplamè), le projet s’est appuyé sur un patrimoine local fort : la forêt sacrée Kouvizoun. Une séance d’éducation environnementale a d’abord sensibilisé 500 élèves et 15 enseignants aux menaces qui pèsent sur elle — feux de végétation, pollution plastique. Puis les élèves ont installé des potagers scolaires, avec formation théorique et pratique, distribution de graines et remise de claies de protection. La saison s’est conclue par une compétition artistique inter-collèges (chant, danse, théâtre, poésie-slam) qui a rassemblé plus de 500 membres des communautés riveraines autour de la forêt — et par la Journée Nationale de l’Arbre, où 900 plants ont été mis en terre et parrainés individuellement par les élèves.
À Porto-Novo, une première inclusive
La grande nouveauté de cette phase 2 se joue au Collège des Sourds et Entendants du Bénin. Pour la première fois, BEES ONG a conçu ses animations pour un public d’élèves sourds et entendants réunis : classe nature sur la biodiversité aquatique avec interprète en langue des signes, animation sur les zones humides et les savoirs traditionnels conclue par un message de plaidoyer signé par les élèves, puis formation à l’installation de pépinières scolaires. Résultat le plus marquant : les élèves du CSEB ont fait pousser seuls 500 jeunes arbres (Gmelina, Ceiba, Eucalyptus, Tectona) dans leur propre pépinière, plantés pour la Journée Internationale de la Biodiversité.
Les chiffres clés de la phase 2
- 459 personnes mobilisées en engagement direct — élèves et enseignants des cinq établissements
- Plus de 2 000 personnes touchées au total, en intégrant les communautés locales et l’audience des réseaux sociaux
- Plus de 2 000 plants mis en terre sur les deux phases du projet, représentant huit essences locales menacées (Khaya senegalensis, Afzelia africana, Vène, Fromager, Samba, Gmelina, Eucalyptus, Tectona) — une neuvième, le Mansonia altissima, endémique d’Adakplamè, était visée mais ses graines n’étaient pas disponibles pendant la période du projet
- Plus de 500 membres des populations riveraines rassemblés lors de la compétition artistique à Kétou, un saut d’échelle inédit par rapport à la phase 1
- Un club environnemental inclusif créé au CSEB, aux côtés des trois clubs déjà actifs à Kétou depuis la phase 1
Des obstacles, deux réponses concrètes
Le calendrier scolaire. Les premières activités de la phase 2 tombaient en même temps que les examens de fin d’année. BEES ONG a ajusté son calendrier pour respecter le rythme des écoles sans perturber les élèves.
La communication avec le CSEB. Au démarrage, l’équipe ne maîtrisait pas la langue des signes. La solution est venue du terrain : un travail main dans la main avec les enseignants du collège, qui ont animé les séances aux côtés de BEES et traduit les messages pour les élèves.
Phase 1 / Phase 2 : ce qui a changé
Par rapport à la première phase, BEES ONG a sécurisé en amont l’accès à l’eau — réparation du forage du CEG Ewè, installation d’une citerne au CEG 3 Kétou — évitant les pénuries qui avaient freiné la croissance des pépinières en phase 1. Les animations artistiques ont montré une force de mobilisation inédite, avec plus de 500 riverains réunis autour de la forêt de Kouvizoun. Et surtout, l’intégration du CSEB a rendu le projet plus ouvert : la preuve, selon BEES ONG, que le handicap n’est pas un frein à l’engagement écologique. Seul revers de la médaille : cette inclusion a demandé une organisation plus lourde, entre adaptation des outils pédagogiques et temps de préparation supplémentaire.
Avant / après le projet
Avant, les espèces locales menacées n’étaient souvent connues que sous leurs noms vernaculaires, et la conscience des dangers liés aux feux de végétation ou aux sachets plastiques restait limitée.
Après, une génération d’éco-ambassadeurs formés anime des Clubs Environnementaux installés dans les cinq établissements. Chaque arbre planté a trouvé un parrain parmi les élèves, qui s’engage à en assurer le suivi sur le long terme. Les directeurs d’école se sont engagés à intégrer ces clubs dans le calendrier scolaire habituel, et un film de capitalisation viendra documenter l’ensemble de la démarche.
Conclusion
En une phrase, BEES ONG résume l’apport du projet : consolider son expertise en éducation environnementale inclusive et artistique, et démontrer que jeunesse, art et institutions locales forment un levier puissant pour transformer des élèves en véritables ambassadeurs de la biodiversité au Bénin.
Envie de suivre les prochaines étapes du projet « Agir pour la conservation de la nature » ? Retrouvez toutes les initiatives des dix ONG partenaires sur youth-conservation.org.
Si vous voulez en savoir plus sur l’ONG BEES, vous pouvez consulter leur page Facebook ainsi que leur chaîne Youtube.





