D’octobre 2025 à avril 2026, l’ONG sénégalaise Recikit a déployé la deuxième phase du projet « Agir pour la conservation de la nature », porté par Youth Conservation avec le soutien de la Fondation Audemars-Watkins et de Play for Nature. Une dizaine d’établissements scolaires de Dakar et du département de Rufisque ont mené des activités concrètes — fresques éco-responsables, recyclage créatif, compostage, waxtane — pour former de véritables « Sentinelles de la Nature » parmi les jeunes générations.
Plusieurs établissements, une même dynamique de mobilisation
HLM Grand Yoff 01 et 02 — Le recyclage créatif prend forme à Dakar
Dans ces deux écoles du quartier de Grand Yoff, les élèves ont exploré le recyclage sous toutes ses formes : fresques des déchets, ateliers ludiques, papier mâché, création d’objets décoratifs et compostage. Les échanges participatifs, appelés « waxtane » — du terme wolof désignant la discussion — ont permis d’ancrer les messages dans un format familier et vivant pour les enfants.
Résultat : 1 025 élèves sensibilisés (442 à HLM Grand Yoff 01, 583 à HLM Grand Yoff 2), avec une bonne participation des enseignants et l’adoption progressive de gestes écologiques.
Khar Yalla A et B — Des élèves engagés dans le « Cercle des solutions »
Sur ce site, l’accent a été mis sur l’appropriation active des enjeux environnementaux : ateliers de recyclage, dispositif « Champions ODD » pour incarner les Objectifs de Développement Durable, et un « Cercle des solutions » invitant les élèves à réfléchir collectivement aux réponses locales face aux défis écologiques.
Résultat : 860 élèves sensibilisés, avec un engagement actif et une réelle appropriation des thématiques abordées.
Centre Tadjabone et Lycée de Sébikotane — Le jardinage écologique gagne le département de Rufisque
À Sébikotane, dans le département de Rufisque, le projet a pris une coloration plus rurale : compostage, jardinage écologique, sensibilisation à la biodiversité, aux côtés des fresques et des waxtane déjà déployés à Dakar. Le Lycée de Sébikotane a quant à lui misé sur la sensibilisation environnementale et les Champions ODD.
Résultat : 263 élèves formés (120 au Centre Tadjabone, 143 au Lycée), avec l’acquisition de compétences pratiques et un engagement affirmé sur les enjeux climatiques.
Institution Saint Jean d’Arc — Contes et visites de terrain pour ancrer les messages
Cet établissement dakarois a combiné fresques pédagogiques, recyclage, contes éco-responsables et une visite pédagogique d’un centre de recyclage et de compostage — une immersion concrète qui a suscité une forte participation des élèves.
Résultat : 229 élèves impactés, avec une bonne appropriation des messages transmis.
Cinq écoles complémentaires — L’éco-citoyenneté essaime dans l’agglomération dakaroise
Le projet s’est également déployé dans cinq autres établissements de la commune de Yoff, de la ville de Pikine et de la commune des Parcelles Assainies : l’École Élémentaire Cité Diamalaye, l’École Élémentaire Pikine Guinaw Rail Apix, l’École Élémentaire PA Unité 24, l’École 4 Yoff et le Complexe scolaire Christiane Barbosa YMCA Bourguiba. Sensibilisation, fresques, ateliers ludiques, recyclage et visites pédagogiques y ont été proposés selon le même schéma.
Résultat : 680 élèves touchés, contribuant à une diffusion large des bonnes pratiques à l’échelle de l’agglomération.
Un bilan chiffré qui dépasse le cadre scolaire
Au total, le programme a permis de former 4 275 élèves à travers les différentes activités d’éducation environnementale et de pratiques durables, et d’impliquer activement 50 enseignants (à raison de cinq par école dans dix établissements), garants de la continuité pédagogique une fois le projet terminé.
Le projet ne s’est pas arrêté aux salles de classe. Quatre événements communautaires ont réuni 918 participants : la Journée internationale de l’éducation (391 personnes), le Carnaval des Alternatives Responsables (442 personnes), le Festival Kimpavita (35 personnes) et une collaboration avec l’ONG LVIA (50 personnes). Par ailleurs, 300 élèves ont pris part à des visites pédagogiques de terrain — bateau Plastique Odyssey, jardin CIFAL, usine Sunu Plastique Odyssey, usine Ngom Recyclage et Transformation — pour découvrir concrètement les filières de recyclage et de valorisation des déchets.
Côté équipement, les écoles partenaires ont reçu un appui matériel conséquent : 50 poubelles (10 par école pour les 5 écoles cibles) accompagnées de matériel de nettoyage, 100 gourdes réutilisables (25 par club, pour les 5 clubs scolaires créés) afin de réduire les déchets plastiques, et 5 composteurs pour valoriser les déchets organiques directement au sein des établissements.
Une réussite portée par la structuration des « Sentinelles de la Nature »
Parmi les avancées marquantes de cette phase 2, la création de cinq clubs éco-responsables baptisés « Les Sentinelles de la Nature » constitue sans doute le résultat le plus structurant. Ces clubs offrent aux élèves les plus engagés un cadre pérenne pour poursuivre les activités au-delà des interventions ponctuelles de Recikit, et incarnent la volonté de l’ONG de transmettre un leadership environnemental directement aux jeunes.
Cette dynamique s’est accompagnée d’une innovation pédagogique continue — fresques, waxtane, contes éco-responsables — et d’une forte mobilisation des équipes éducatives, saluée par une distinction institutionnelle nationale.
Des obstacles surmontés
Comme pour toute intervention de terrain à cette échelle, Recikit a dû composer avec des contraintes logistiques et des ressources limitées sur certains sites, notamment dans le département de Rufisque, plus éloigné du cœur d’action de l’ONG à Dakar. L’équipe a répondu à ces difficultés par une adaptation des activités selon les réalités de chaque établissement et un renforcement des partenariats locaux, garantissant ainsi la continuité du programme malgré les défis rencontrés.
Phase 1 / Phase 2 : une montée en puissance visible
Comparée à la première phase menée en 2025, cette deuxième édition affiche une progression nette : des activités plus structurées, un impact élargi grâce à l’extension à de nouvelles écoles, l’introduction des visites pédagogiques de terrain, et surtout la création des clubs Sentinelles de la Nature — autant d’éléments qui témoignent d’une consolidation réussie des acquis initiaux.
Et après ? Vers un label « École Durable »
Fort de ce bilan, Recikit prépare déjà la suite. L’ONG travaille à la structuration durable des clubs scolaires et au suivi individualisé des élèves engagés, tout en misant sur le leadership des jeunes pour ancrer les activités dans la durée. Deux initiatives stratégiques sont en préparation : la création d’un Label « École Durable », destiné à reconnaître et valoriser les établissements engagés dans des pratiques écologiques exemplaires, et l’extension du Concours Plume Durable, dont le déploiement est prévu à l’échelle régionale puis nationale.
« Grâce à une approche innovante combinant éducation, culture, pratique et engagement communautaire, Recikit contribue activement à la formation d’une génération d’éco-citoyens », résume l’ONG dans son rapport de phase 2 — une ambition pleinement partagée avec Youth Conservation et ses partenaires.
Vous souhaitez soutenir des initiatives comme celle de Recikit au Sénégal ? Découvrez l’ensemble du projet « Agir pour la conservation de la nature » et ses dix ONG partenaires sur youth-conservation.org.
Si vous voulez en savoir plus sur Recikit au Sénégal, vous pouvez les contacter directement via leur page Facebook.





