D’octobre 2025 à avril 2026, l’ONG camerounaise Health and Conservation (HAC) a déployé la deuxième phase du projet « Agir pour la conservation de la nature », porté par Youth Conservation avec le soutien de la Fondation Audemars-Watkins et de Play for Nature. Quatre établissements scolaires des régions du Centre et de l’Ouest ont mené des activités concrètes — recyclage, valorisation du patrimoine, gestion de l’eau, agroécologie — pour un bilan qui dépasse largement les objectifs fixés, malgré un contexte national parfois tendu.
Quatre établissements, quatre histoires de mobilisation
Yaoundé — Le recyclage du papier prend racine au Groupe Scolaire Bilingue Mgr Henri Vieter
Pendant six mois, les bénévoles de HAC sont intervenus chaque semaine dans les classes de cet établissement de plus de 3 000 élèves, pour sensibiliser au recyclage des déchets papier, omniprésents du fait de l’usage encore très manuel des démarches administratives. Le club environnement créé lors de la phase 1 s’est structuré en sept groupes de 40 élèves encadrés par trois enseignants chacun, fabriquant papier mâché, tableaux en papier recyclé et objets décoratifs.
Résultat : 3 297 élèves et 47 enseignants sensibilisés ou formés, 165 parents touchés.
Mfoundassi — Quand la culture rencontre la conservation au Collège Mgr Henri Vieter
À la demande de l’administration de l’établissement, dont l’année académique était placée sous le thème « Nature et Culture », élèves et enseignants ont exploré les savoirs patrimoniaux matériels et immatériels liés à l’environnement. Créations artistiques in situ, pièces de théâtre, contes : le travail du club environnement a même donné naissance à deux ouvrages académiques, actuellement en cours d’édition.
Résultat : 1 867 élèves et 105 enseignants sensibilisés ou formés, 113 parents touchés, 2 ouvrages produits.
Ebang — L’eau, ressource précieuse, au Complexe Bilingue Sainte Famille de Nazareth
Dans cet établissement qui scolarise près de 1 400 élèves de la maternelle au secondaire, les activités ont porté sur la gestion durable de l’eau et de l’énergie. Point fort : la mise en place d’un système de récupération des eaux de pluie, désormais utilisé pour le ménage et l’arrosage, et suivi par le club environnement. Une sortie scolaire a aussi mené 40 élèves jusqu’à la station de pompage de CAMWATER à Ayos, à 130 km de Yaoundé.
Résultat : 1 253 élèves et 80 enseignants sensibilisés ou formés, 172 parents touchés.
Dschang — Une pépinière de 11 000 plants qui reverdit toute la ville
À l’École Primaire Privée Laïque Bilingue Marceline, les élèves ont appris à fabriquer bioprotecteurs et biofertilisants, puis se sont lancés dans un projet d’ampleur : une pépinière de cacaoyers, safoutiers, avocatiers et manguiers. Grâce à un partenariat noué par HAC avec la Commune de Dschang, ce sont 11 000 plants qui ont été produits — destinés en partie à la vente pour financer la suite du projet, en partie au reverdissement de la ville entière.
Résultat : 574 élèves et 47 enseignants directement formés, 3 641 membres de la communauté touchés, 11 000 plants produits.
Près de 7 000 élèves et 22 400 personnes touchées au total
Cumulées, ces quatre activités ont permis de sensibiliser ou former 6 991 élèves et 279 enseignants dans les régions du Centre et de l’Ouest. En y ajoutant la communication de proximité (affiches, tracts, radio communautaire de Dschang) et la communication numérique (Facebook, LinkedIn, WhatsApp), c’est au total 22 412 personnes qui ont été touchées par le projet sur cette seule phase 2.
Une réussite portée par les partenariats locaux
Le succès le plus marquant de cette phase 2 est sans doute le partenariat noué entre HAC et la Commune de Dschang. Grâce à un plaidoyer mené auprès des autorités locales, la commune s’est engagée à intégrer systématiquement des activités d’éducation environnementale dans les établissements scolaires, publics comme privés, de son territoire — bien au-delà du projet initial. Un réseau de clubs environnement reliant les quatre établissements a également été créé, permettant aux élèves et enseignants d’échanger expériences et bonnes pratiques, même après la fin du financement.
Des obstacles surmontés
Le budget, plus serré qu’anticipé face à un engouement croissant des établissements et des communautés, a nécessité des arbitrages : les fonds dédiés à la communication numérique ont été redirigés vers les activités de terrain — édition des ouvrages, sorties scolaires, sensibilisation. D’où une portée en ligne en légère baisse par rapport à la phase 1, largement compensée par une communication de proximité renforcée.
Plus inattendu : le contexte post-électoral au Cameroun a conduit à la fermeture temporaire de plusieurs établissements, suspendant les activités de deux à quatre semaines selon les villes. HAC a maintenu le lien grâce aux forums WhatsApp des établissements et des parents, avant d’intensifier les séances une fois le calme revenu — un rattrapage qui a aussi eu l’avantage d’impliquer davantage de familles dans le projet.
Un avant / après visible
Avant le projet, aucun des quatre établissements ne disposait de club environnement, de jardin scolaire ou de pépinière, et la gestion des déchets n’y était guère une priorité. Aujourd’hui, chacun possède un club environnement autonome et fonctionnel, deux potagers et un jardin ont vu le jour, une pépinière de 11 000 plants est en activité, et une commune entière s’est engagée à pérenniser ces pratiques. Le changement de comportement, du tri sélectif à l’usage des ressources, est désormais visible au quotidien chez les élèves comme chez les enseignants.
Et après ? Vers une pérennité ancrée localement
Pour assurer la suite sans dépendre du financement initial, HAC mise sur plusieurs leviers : des enseignants formés capables de perpétuer les activités, des clubs environnement autonomes, des partenariats avec les autorités locales, et un système de vente d’une partie des récoltes et plants pour autofinancer les activités à venir. Parmi les pistes envisagées pour la suite : valoriser les récoltes pour les cantines scolaires, afin de lutter à la fois contre l’insécurité alimentaire et le décrochage scolaire.
Soutenir ces actions sur le terrain
Ce bilan au Cameroun n’est que l’un des dix portés par les ONG partenaires du projet « Agir pour la conservation de la nature », déployé dans cinq pays d’Afrique. Pour suivre les prochains bilans ou soutenir ces initiatives, rendez-vous sur youth-conservation.org.
Si vous voulez en savoir plus sur Health and Conservation, vous pouvez les contacter directement via leur page Facebook.




